Stress et Peau

Le stress provoque est un déclencheur important de l’eczéma. En attendant de pouvoir réduire les sources de stress, une solution existe.

Le stress a une influence directe sur l’état de la peau. En particulier, il est connu pour déclencher des crises d’eczéma. Le stress n’est pas LA cause de l’eczéma, mais il peut empirer les choses. Dans d’autres articles nous verrons quelles sont les causes et les facteurs possibles. Beaucoup de personnes n’ont pas de problème de peau, mais se retrouvent avec une crise d’eczéma après un évènement particulièrement stressant.

Sources de stress

Rien qu’au travail, les sources de stress sont très nombreuses: une présentation à faire en public, une réunion avec sa hiérarchie, un entretien de fin d’année, un patron épouvantable, des clients pénibles, la pression, le harcèlement, un ordinateur récalcitrant, des collègues trop présents, des journées de travail trop longues, la frustration, le micro-management, le manque de reconnaissance, les conflits, le manque de moyens pour faire correctement son travail, les incertitudes, le risque de licenciement, etc… la liste est infinie.

Image montrant un homme stressé devant son ordinateur

Elle peut être aussi longue dans la vie privée: la charge mentale, les tâches quotidiennes, les difficultés financières, la solitude, la vie en couple, l’éducation des enfants, des adolescents, la maladie, les études, les transports, un évier qui se bouche, la paperasse, les impôts, les parents, les beau-parents etc…

Le tableau semble très noir, mais la bonne nouvelle c’est que la plupart d’entre nous arrive malgré tout à bien gérer les situations. Malheureusement, il peut arriver qu’à un moment on ne puisse plus tout contenir et que l’excès de stress s’exprime au niveau de la peau.

Comment le stress peut déclencher l’eczéma

L’eczéma évolue par poussées. Qu’il soit chronique ou ponctuel, le stress peut être le déclencheur d’une crise d’eczéma. Chez l’adulte, c’est surtout l’eczéma des mains qui est très sensible au stress. Comme l’ont montré plusieurs études, le stress est corrélé à une aggravation des symptômes. Les démangeaisons en particulier sont amplifiées (1). Et d’ailleurs c’est un cercle vicieux car l’eczéma devient une obsession et c’est une source d’anxiété. L’anxiété provoque du stress et le stress empire les crises.

Ce n’est pas que l’eczéma: le stress provoque un déséquilibre hormonal qui a des conséquences sur tout le système endocrinien, mais aussi les systèmes nerveux et immunitaire. Il peut donc enclencher ou aggraver les symptômes de certaines maladies dont l’eczéma.

Intermède scientifique: L’axe corticotrope est un système hormonal qui régule de très nombreuses fonctions dans l’organisme. Ces hormones (ACTH, CRF, Glucocorticoïdes), quand elles sont suractivées comme pendant les situations stressantes, amplifient les réactions inflammatoires en activant les messagers de la réponse immunitaire comme les interleukines 4, 6, 10 et 13, ainsi que les mastocytes (2). D’ailleurs il existe un médicament injectable contre l’eczéma sévère qui bloque les interleukines 4 et 13. Beaucoup d’autres médiateurs du stress sont corrélés à l’intensité des démangeaisons (2), mais l’intermède scientifique est déjà assez long 😉

Conclusion

Tous ces mécanismes biologiques expliquent comment le stress peut effectivement déclencher des crises d’eczéma. La meilleure façon de réduire son eczéma est donc de tenter de réduire son stress, mais nous verrons ça dans un prochain article. En attendant, pour briser le cercle vicieux : stress ➡️ eczéma ➡️ anxiété ➡️ stress ➡️ eczéma… il existe une solution: soulager ses démangeaisons grâce à l’onguent du pacifique: moins de démangeaisons ➡️ moins d’anxiété ➡️ moins de stress ➡️ moins de crises… on rentre dans un cercle vertueux.


Références:
(1) The role of psychological stress in skin disease. Kimyai-Asadi A, Usman A. J Cutan Med Surg. 2001 Mar-Apr;5(2):140-5. (pubmed)
(2) From the brain-skin connection: the neuroendocrine-immune misalliance of stress and itch. Arck P, Paus R. Neuroimmunomodulation. 2006;13(5-6):347-56 (pubmed)